Stéphane HIRSON

Disparition de Stéphane Hirson: la famille en colère après des analyses contradictoires

 

Publié le 16.12.2013, 12h04 | Mise à jour : 14h51

Les ossements retrouvés près d'Antibes (Alpes-Maritimes) ne sont pas ceux de Stéphane Hirson. 

Le parquet de Grasse a annoncé qu'un des ossements, retrouvé parmi ceux de quatre personnes, repêchés en mer en février près d'Antibes (Alpes-Maritimes) n'était finalement pas celui de Stéphane Hirson, disparu en 1994, contrairement à ce qui avait été annoncé début novembre. La nouvelle a bouleversé la famille qui a exprimé sa colère.

«On repart à zéro, c'est la colère toujours», notamment contre la  et la police, a déclaré Valérie Cormier Magraner, proche cousine du disparu. «J'ai eu des condoléances, des amis de la famille par exemple, ou dans les commentaires sur les sites internet», a-t-elle expliqué.

«Ils ont refait des tests ADN» avec des échantillons «du papa, de la maman et des frères», a-t-elle poursuivi. Cette fois «ils disent qu'ils sont sûrs, mais comment y croire?», s'interroge-t-elle, «un coup c'est blanc, un coup c'est noir». «Vingt ans après on ne sait pas où est Stéphane. A tort ou à raison, pour moi il est toujours vivant», ajoute cette femme, qui affirme que la mère du jeune homme n'a jamais perdu espoir pendant 20 ans. Elle a refait sa vie à l'étranger  mais ne souhaite pas s'exprimer. Mme Cormier Magraner, qui avait déjà expliqué en novembre son écœurement d'avoir été mise au courant de la découverte des ossements par la presse, «aimerait savoir» qui est à l'origine de la «fuite» d'une information qui est erronée.

Stéphane, un jeune homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus avait quitté le domicile parental le 11 février 1994 à 7 heures pour rejoindre un ami à la gare de Meaux (Seine-et-Marne) et aller à l'ANPE. Il n'est jamais arrivé au rendez-vous. On connait son visage souriant, affiché aux côtés d'autres enfants disparus dans les gares, les aéroports, les commissariats. Stéphane Hirson, avait  disparu à l'âge de 17 ans, non loin de son domicile à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). 

La longue et douloureuse attente de ses proches avait été teintée d'espoir en février dernier. Des ossements de quatre personnes retrouvés près d'Antibes (Alpes-Maritimes), selon le parquet de Grasse, en charge de l'affaire. Plusieurs os, dont un crâne portant la mystérieuse inscription «mort aux pédophiles», avaient été retrouvés les 10 et 27 février 2013 par un plongeur puis des gendarmes à six mètres de fond près d'un chemin côtier.

Des os avec l'inscription «Mort aux pédophiles»

Les premiers tests ADN avaient révélé qu'ils appartenaient à deux hommes et deux femmes. Un humérus retrouvé avait été indiqué comme étant celui de Stéphane Hirson. L'ADN de cet ossement correspondait à celui de la mère du disparu, selon l'expert qui avait précisé dans son rapport : «La probabilité de maternité est supérieure à 99,95%». Ce qui a finalement été infirmé par les dernières analyses.

Le procureur de Grasse avait annoncé début novembre l'ouverture d'une information judiciaire pour homicides volontaires, séquestrations, enlèvements et recel de cadavres».

 

 

« On voudrait savoir… pour nous, pour ses parents »

L’identification de Stéphane Hirson parmi les restes des victimes repêchées dans la baie d’Antibes a bouleversé ses copains de Lagny-sur-Marne, où il avait disparu en 1994. Ils ne l’ont jamais oublié.

Faustine Léo | Publié le 8 nov. 2013, 07h00

 

Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Stéphane Hirson  avait l’habitude de se réfugier auprès de ses copains dans cet ensemble de petits immeubles, à 300 m de chez lui.

Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne).Stéphane Hirson avait l’habitude de se réfugier auprès de ses copains dans cet ensemble de petits immeubles, à 300m de chez lui.(LP/Jila Varoquier.)

 

Près de vingt ans ont passé avenue du Docteur-Charles-Infrois à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), effaçant peu à peu le souvenir de Stéphane Hirson qui vivait au numéro 23. Dans ce quartier résidentiel, les voisins savent à peine que la famille a déménagé dans les années 2000. Mais, 300 m plus loin, au sein de la cité d’Orly-Parc, la disparition du jeune homme, le 9 février 1994, quatre jours avant sa majorité, a marqué les esprits. C’est là, dans cet ensemble de petits immeubles, qu’il se réfugiait auprès de ses copains. Notamment quand il se disputait avec ses parents.

La révélation, mardi, que l’un des cinq ossements repêchés en février 2013 dans une anse du cap d’Antibes (Alpes-Maritimes), était le sien (nos éditions d’hier), a ravivé de douloureux souvenirs parmi ses amis. « Stéphane, c’était un bon gars, un gentil, pas un délinquant, ni un gangster. Je ne l’ai jamais vu se bagarrer ni avoir une arme. J’aurais aimé avoir un frère comme lui », insiste Ronan*, le « grand frère » de la bande, très affecté par le tragique destin de son copain.

De mauvaises fréquentations

Dans les caves de la cité, les adolescents avaient aménagé « une cabane », raconte Stéphane, ami de collège du disparu. Ils y jouaient aux jeux vidéo, regardaient la télévision, discutaient, fumaient ensemble… « Une fois, il est resté une semaine après une perquisition de sa maison par la police pour des histoires de drogue. Ça n’avait pas du tout plu à ses parents. Mais, ensuite, ils s’étaient réconciliés », se souvient Ronan.

Quelques mois avant la disparition de Stéphane, il avait remarqué un changement de comportement chez lui. « Quand il est entré au CFA pour faire un apprentissage en boulangerie-pâtisserie, on le voyait moins, il a eu de nouveaux copains. Il regardait derrière lui quand il marchait, on le sentait inquiet, enchaîne-t-il. Mais il n’avait pas d’ennemis à Orly-Parc. D’ailleurs, s’il avait fait une fugue, il serait venu là. Et il aimait trop son petit frère pour ne pas donner de nouvelles. Quand sa mère est venue nous voir, désespérée, espérant le trouver avec nous, je lui ai dit de regarder du côté du CFA et de ses autres fréquentations. Elle n’a pas voulu m’entendre. » Car Ronan, qui n’a pas été auditionné, persiste à croire à la piste de ces mauvaises fréquentations. « Il traficotait avec des gars d’ailleurs, assure-t-il. Je l’avais prévenu que c’est un milieu dangereux, que ce ne sont pas des petits rigolos. » Et d’imaginer qu’il ait pu être victime d’un guet-apens. « Comme il parle espagnol couramment, j’espérais qu’il ait fui en Amérique du Sud », souffle Ronan.

Au début, les copains ont voulu croire au scénario de la fugue. « Mais au bout de deux ans, on a compris que ce n’était pas ça, soupire Ronan. On voudrait savoir ce qu’il s’est passé, pour nous, pour ses parents. Comprendre ce qu’il aurait pu faire à Antibes. Parce que, pendant toutes ces années, on n’a pas cessé de penser à lui. »

* Le prénom a été changé. 

 

 

 

 Vue du cap d'Antibes, près duquel des ossements ont été découverts en février 2013.

La famille de Stéphane Hirson a exprimé sa "colère" après que la justice, qui avait annoncé il y a un mois la découverte près d'Antibes d'ossements de ce jeune homme disparu en 1994, est revenue lundi sur ses dires à la faveur de nouveaux tests ADN. "On repart à zéro, c'est la colère toujours", notamment contre la justice et la police, a déclaré Valérie Cormier Magraner, proche cousine du disparu. "J'ai eu des condoléances, des amis de la famille par exemple, ou dans les commentaires sur les sites internet", a-t-elle expliqué. 

Ils ont refait des tests ADN avec des échantillons "du papa, de la maman et des frères", a-t-elle poursuivi. Cette fois, "ils disent qu'ils sont sûrs, mais comment y croire ?" s'interroge-t-elle, "un coup, c'est blanc, un coup, c'est noir". "Vingt ans après, on ne sait pas où est Stéphane. À tort ou à raison, pour moi, il est toujours vivant", ajoute cette femme, selon qui la mère du jeune homme, qui a refait sa vie à l'étranger, n'a jamais perdu espoir pendant 20 ans, mais ne souhaite pas s'exprimer. Valérie Cormier Magraner, qui avait déjà expliqué en novembre son écoeurement d'avoir été mise au courant de la découverte des ossements par la presse, "aimerait savoir" qui est à l'origine de la "fuite" d'une information qui est erronée.

Crâne

Lundi, le parquet de Grasse a annoncé qu'un des ossements retrouvé parmi ceux de quatre personnes repêchés en mer en février près d'Antibes (Alpes-Maritimes) n'était finalement pas celui de Stéphane Hirson, contrairement à ce qui avait été annoncé début novembre. Plusieurs os, dont un crâne portant la mystérieuse inscription "mort aux pédophiles", avaient été retrouvés les 10 et 27 février par un plongeur puis des gendarmes à six mètres de fond près d'un chemin côtier.

Stéphane, un jeune homme aux cheveux blonds et aux yeux bleus, avait quitté le domicile parental le 11 février 1994 à 7 heures pour rejoindre un ami à la gare de Meaux et aller à l'ANPE. Il n'est jamais arrivé au rendez-vous.

 

Disparition de Stéphane Hirson : "on repart à zéro"

CRÉÉ : 16-12-2013 15:25

ENQUÊTE - L’enquête sur les ossements du Cap-d’Antibes (Alpes-Maritimes) repart à zéro suite aux résultats d’un test ADN indiquant que l’un des humérus retrouvé n’est pas celui d’un jeune homme disparu depuis près de 20 ans.

Les ossements, qui n’ont pas été identifiés, avaient été retrouvés à six mètres de profondeur au Cap-d’Antibes.

Les ossements, qui n’ont pas été identifiés, avaient été retrouvés à six mètres de profondeur au Cap-d’Antibes.

 

Ils sont en colère ! Depuis lundi matin, les proches de Stéphane Hirson, un jeune homme disparu de Seine-et-Marne peu avant ses 18 ans en 1994, ne cachent pas leur ressentiment. Alors que depuis novembre dernier, la justice leur avait indiqué que l’un des humérus, retrouvé en mer au large du cap d’Antibes parmi d’autres restes humains, appartenait au jeune homme, voilà que de nouveaux tests ADN disent exactement le contraire.

"On repart à zéro, a expliqué Valérie Cormier Magraner, cousine du disparu, quelques heures après avoir appris la nouvelle. Cette fois, ils disent qu'ils sont sûrs, mais comment y croire ? Un coup c'est blanc, un coup c'est noir."

La première expertise avait pourtant conclu que l’os correspondait à l’ADN de la mère de Stéphane Hirson "avec une probabilité supérieure à 99,95%". Mais des analyses complémentaires, effectuées avec d’autres échantillons familiaux, dont celui du père, remettent tout en cause et relancent cette énigmatique affaire.

"Pour moi, Stéphane est toujours vivant"

Depuis la découverte, en février dernier, d’un fémur féminin, de deux humérus (l’un masculin, l’autre féminin), d’un morceau de mandibule, ainsi que d’un crâne masculin portant l’inscription "mort aux pédophiles" et un étrange dessin de cible, l’enquête a exploré plusieurs pistes. Notamment celle d’un éventuel tueur en série qui aurait dispersé les os de ses victimes dans l’eau. Sans résultat pour le moment d’autant qu’aucun des ossements appartenant à au moins quatre personnes différentes, n’est identifié.

"Les investigations se poursuivent, aucune hypothèse n’est privilégiée", explique le procureur de la République à Grasse, Georges Gutierrez.

L’incroyable rebondissement de lundi épaissit en tout cas encore un peu plus le mystère autour de ce dossier. "Vingt ans après on ne sait pas où est Stéphane. A tort ou à raison, pour moi il est toujours vivant", espère la cousine de Stéphane Hirson.