fillette noyée à Berck

 

Fillette noyée à Berck : son compagnon parle d’une «mère magnifique» (VIDÉO)

PUBLIÉ LE - MIS À JOUR LE 01/12/2013 À 09:30

Par SYLVAIN DELAGE

 

On connaît désormais le prénom de la petite fille tuée à Berck : elle s’appelait Adélaïde. Sa mère, interpellée hier soir dans le Val-de-Marne, a reconnu être venue à Berck le 19 novembre pour mettre fin aux jours de son enfant. D’après ses déclarations, elle aurait déposé la fillette sur la plage alors que la marée montait. La jeune femme a été mise en examen pour « assassinat » et écrouée à la maison d’arrêt de Sequedin. Son compagnon assure que «c’était une mère magnifique...» dans des déclarations au Parisien/Dimanche.

 

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Dans un communiqué transmis à notre rédaction, le parquet de Boulogne-sur-Mer fait le point sur les déclarations de Fabienne Kabou, la mère de la fillette retrouvée morte su la plage de Berck le 20 novembre. Il précise tout d’abord quela petite fille s’appelait Adélaïde et qu’elle était âgée de 15 mois : elle serait née en région parisienne le 9 août 2012. Sa mère, née à Dakar (Sénégal), est de nationalité française. Au cours de sa garde à vue, dans les locaux de l’OCRVP à Nanterre, elle a livré « des aveux circonstanciés ».

 

Cette femme s’est rendue le 19 novembre à Berck « dans le but de mettre fin aux jours de son enfant ». Elle l’aurait déposée vivante sur la plage alors que la marée montait. « Elle ne s’était jamais rendue dans cette ville, dont seul le nom a retenu son attention, poursuit le parquet de Boulogne. Elle a regagné dès le 20 novembre son domicile, qu’elle n’a plus quitté selon ses dires. Elle n’a ni vu, ni entendu le moindre appel à témoins. »

 

Elle évoque des « difficultés dans la prise en charge de la fillette »

On en sait également davantage sur la personnalité de la mère. Elle a déclaré aux enquêteurs qu’elle était sans travail, et qu’elle se consacrait à des études de philosophie. Elle vivait avec un compagnon âgé de 63 ans, qui a également été entendu par la police.

À son retour de Berck, elle lui aurait expliqué qu’elle avait remis l’enfant à sa propre mère «afin qu’elle soit prise en charge au Sénégal, dans sa famille maternelle ». Lui aussi affirme qu’il n’a eu aucun écho de la disparition de l’enfant. La mère a relaté « les difficultés qu’elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple ».

Ce samedi après-midi, Fabienne Kabou a été transférée au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer. Elle est arrivée vers 14 h 10 à bord d’une voiture de police banalisée qui s’est engouffrée à vive allure dans le sous-sol du bâtiment. Jusqu’à 18h30, elle a été entendue par un juge d’instruction. Elle est, depuis, mis en examen pour assassinat et sera écrouée à la maison d’arrêt de Sequedin. Le parquet sollicite son placement en détention provisoire. C’est pour cela qu’elle est déférée à la juge des libertés et de la détention à l’issue de sa mise en examen.

« Elle a reconnu les faits intégralement »

Me Fabienne Roy-Nansion, l’avocate de la suspecte, est arrivée peu après sa cliente au tribunal pour l’assister lors de son audition. « Je ne sais pas dans quel état elle est, j’imagine qu’elle est abattue », a-t-elle déclaré, juste avant de rencontrer la mère de la fillette. L’avocate attendait de prendre connaissance du dossier dans les détails. « D’après ce que le magistrat m’a dit, elle a reconnu les faits intégralement, a-t-elle déclaré. Elle donne les détails, mais je ne sais pas lesquels pour l’instant ».

Après sa mise en examen, la mère de la fillette sera présentée à un juge des libertés et de la détention, qui statuera sur un éventuel placement en détention provisoire.

 

Confondue par les prélèvements ADN

Cette femme de 36 ans, française et d’origine sénégalaise, a été interpellée vendredi vers 18heures à Saint-Mandé (Val-de-Marne), dans un immeuble de la rue Jeanne-d’Arc. Elle vivait dans un appartement décrit comme un atelier d’artiste avec un homme d’une cinquantaine d’années. Les voisins interrogés sur place ne se souviennent pas l’avoir vu avec un enfant ces derniers mois. Comment a-t-elle été retrouvée ? « Les enquêteurs sont parvenus à identifier la suspecte grâce aux témoignages obtenus par la diffusion des communiqués et par recoupements effectués à partir des fichiers de police », précise le paquet. Les résultats des analyses ADN ont démontré que cette femme était bien la mère de l’enfant découverte sur la plage de Berck. Des éléments saisis lors de la perquisition dans l’appartement de son compagnon ont aussi permis de faire le rapprochement.

Repérée par les caméras de la gare du Nord

La mère de la fillette était recherchée depuis le 20 novembre. Ce jour-là, le corps d’une petite fille âgée d’environ 12 mois avait été découvert sur la plage de Berck. L’autopsie avait conclu à un « œdème pulmonaire compatible avec une noyade ».

La police judiciaire, en charge de l’enquête, avait rapidement établi que la mère avait pris le train avec son enfant la veille et était revenue à Paris seule, quelques heures après la découverte du corps. Les images de vidéosurveillance de la gare du Nord avaient permis de lancer plusieurs appels à témoins dans la presse, dans le métro parisien et dans le RER

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Le compagnon de la mère de la fillette, assure que «c’était une mère magnifique...» dans des déclarations au Parisien/Dimanche.

Fillette noyée à Berck : « Elle a laissé sa fille sur la plage et a couru aussi vite que possible »

PUBLIÉ LE 

Par SYLVAIN DELAGE ET CYRIL MASUREL

 

Une semaine après l’arrestation de Fabienne Kabou près de Paris, les contours de l’enquête se précisent autour de la mort d’Adélaïde, sa fillette de 15 mois retrouvée noyée à Berck le 20 novembre. Mais il reste des maillons à combler. En attendant, le corps repose toujours à la morgue.

Le corps de la fillette a été découvert sur la plage de Berck le 20 novembre. Sa mère a été interpellée neuf jours plus tard (photo archives Philippe Pauchet).VDNPQR

 

Une fillette cachée au monde extérieur ?

Mercredi, la grand-mère sénégalaise de la fillette s’est déplacée à Boulogne-sur-Mer pour rencontrer Fabienne Roy-Nansion, l’avocate de sa fille. Cette femme était sous le choc. « Imaginez qu’elle a appris dans le même temps qu’elle avait été grand-mère, que sa petite-fille était décédée et que sa fille l’avait assassinée », explique l’avocate. Fabienne Kabou, 36 ans, avait donc caché l’existence de sa fillette à sa propre famille. On ignore toujours dans quelles conditions elle l’a mise au monde, en août 2012 : la petite Adélaïde n’avait aucun état civil. « Pour l’instant, elle dit qu’elle a accouché à Saint-Mandé, dans l’appartement où elle a été interpellée. » C’est l’une des zones d’ombre que les enquêteurs doivent encore explorer. Les résultats des analyses ADN du compagnon, qui serait le père de l’enfant, ne sont pas encore connus.

Un acte conscient et prémédité ?

Le 19 novembre, Fabienne Kabou s’est rendue en train puis en bus jusqu’à Berck avec sa fille. Qu’elle a abandonnée sur la plage à la marée montante. « Elle explique l’avoir laissée, puis avoir couru aussi vite que possible », relate son avocate. Pourquoi avoir choisi cette ville, dont elle ne connaissait que le nom ? « Pour faire quelque chose de triste, je voulais un endroit triste », a expliqué la mère. Sa mise en examen pour « assassinat » sous-entend un acte prémédité. « Elle avait parfaitement conscience des conséquences judiciaires et attendait qu’on vienne la chercher. Maintenant, elle attend qu’on la condamne », ajoute Me Fabienne Roy-Nansion, qui a revu sa cliente mardi après-midi à la maison d’arrêt de Sequedin.

Comment expliquer l’inexplicable ?

Devant les enquêteurs, Fabienne Kabou a évoqué des difficultés pour élever sa fille, alors que son couple était en crise et que son compagnon refusait de reconnaître l’enfant. « Elle voulait la soustraire à un avenir sombre », a expliqué son avocate. Une sorte d’euthanasie ou d’homicide altruiste ? « Pour essayer de comprendre, il faut intégrer l’idée que ce genre de personne a des codes de lecture de la réalité différents des nôtres », plaide Me Roy-Nansion. Pour l’heure, Fabienne Kabou n’a pas fait encore l’objet d’expertise psychiatrique. Étudiante en philosophie, elle vivait en France depuis une quinzaine d’années, loin de sa famille sénégalaise. Son histoire personnelle a probablement joué un rôle déterminant dans cette histoire. Quant à son compagnon, âgé de 63 ans, il a été auditionné mais n’a pas fait l’objet de poursuites.

Que va devenir le corps de la fillette ?

Dans le sillage de la marche blanche organisée samedi à Berck, une pétition a été lancée par des anonymes pour que la petite Adélaïde soit inhumée à Berck (lire le Zoom ci-dessous). Pour l’heure, son corps repose toujours à la morgue du centre hospitalier de Boulogne-sur-Mer. Et il pourrait y rester encore longtemps. D’abord parce que l’instruction pourrait nécessiter des expertises complémentaires. Mais aussi parce que la fillette n’a pas d’existence légale. Il faudra d’abord l’intervention de la justice pour lui délivrer un acte de naissance, puis un certificat de décès et enfin un permis d’inhumer.

«On n’aurait pas pu empêcher cet acte»

 

Psychologue clinicienne et psychothérapeute au CHU de Nantes, Odile Verschoot travaille en milieu pénitentiaire depuis dix-huit ans. Elle est l’auteur du livre Ils ont tué leurs enfants, Approche psychologique de l'infanticide, aux éditions Imago. En attendant les analyses de personnalité qui seront commandées par l’instruction, elle pose son regard sur les raisons qui auraient motivé le geste de Fabienne Kabou.

– Peut-on parler d’un élément déclencheur quant à la décision irrémédiable de tuer son enfant ?

« Il n’y a pas forcément d’incident traumatique, ça peut être un élément anodin, un propos, une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Cette femme a dû se retrouver dans une impasse sentimentale et tout d’un coup, penser qu’il n’y avait plus d’autre solution. »

– Comment a-t-elle pu en arriver à cette impasse, alors qu’elle a expliqué que la naissance avait été pour elle « une bonne nouvelle » ?

« Lorsqu’un parent évolue dans une grande solitude, il y a l’idée récurrente de n’être plus jamais seul grâce à l’arrivée d’un enfant. La réalité démontre que ce n’est jamais vrai. On ne peut pas faire porter sur un enfant la responsabilité de combler un vide affectif. »

– Fabienne Kabou a dit vouloir rendre sa fille au néant dont elle était issue. On approche cette idée du vide ?

« Il y a effectivement une grande souffrance avec ce vide intérieur. Dans les cas que je rencontre, l’enfant n’existe pas comme un individu à part entière pour le parent tueur. Le ressenti autour de l’enfant est le même que le ressenti du parent, c’est indifférencié. Pour ces parents, l’enfant est une partie d’eux-mêmes, un prolongement, comme leurs bras ou leurs jambes. »

– Comment expliquez-vous que cette mère de famille a rapidement avoué son dessein, celui de tuer sa fille ?

« La justice, les enquêteurs, cherchent à comprendre quelque chose. Ils veulent rationaliser les événements. Elle voulait peut-être tuer sa fille, mais elle a aussi pu vouloir être conforme aux questions des enquêteurs qui l’interrogeaient sur les faits et qui cherchaient à déceler l’idée d’une préméditation. Or, on ne peut pas toujours tout expliquer. Elle n’est pas forcément partie de chez elle en se disant qu’elle allait tuer. Sur le coup, c’est différent d’une logique raisonnable, implacable. On veut donner du sens à un acte qui n’en a pas. Mais il est important de se dire qu’on n’aurait pas pu empêcher cet acte. Souvent, il n’y a aucun signe avant-coureur. »

– Il y a pourtant un semblant d’organisation, avec un trajet en train, en bus, une nuit à l’hôtel…

« Les actes disent des choses qui ne sont pas forcément les produits d’une pensée. Il peut y avoir une logique psychique avec des actes posés, mais pas forcément réfléchis. Une chose en appelle une autre, mais il n’y a pas de volonté délibérée, pas de calcul. »

– S’attendait-elle à être repérée, a-t-elle pu y penser ?

« Les auteurs d’infanticides sont de très mauvais criminels, ils laissent des traces. Ils n’ont pas conscience de commettre un crime. Il y a une absence de conscience des conséquences judiciaires. Il y a une focalisation sur la souffrance de l’instant. »

 

Berck-sur-Mer: la mère "voulait mettre fin aux jours" de sa fille

Par , publié le 30/11/2013 à  10:20

Les analyses ADN l'ont confirmé: la femme arrêtée vendredi est bien la mère de la fillette retrouvée morte le 20 novembre dernier. Elle sera mise en examen pour assassinat, a indiqué le parquet ce samedi. 


Berck-sur-Mer: la mère

La mère de la fillette retrouvée à Berck-sur-Mer aurait "reconnu les faits", selon FranceTV info.
AFP PHOTO DENIS CHARLET

a femme interpellée vendredi à Saint-Mandé est bien la mère de la fillette retrouvée morte le 20 novembre sur la plage de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. C'est ce qu'indiquent les tests ADN selon Nathalie Bany, procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer. Et elle a d'ores et déjà reconnu les faits, a annoncé le parquet ce samedi matin, confirmant une information de FranceTV info.  

La mère souhaitait "mettre fin aux jours de son enfant", Adélaïde, 15 mois, a indiqué le parquet dans un communiqué. Au cours de sa garde à vue, la mise en cause a en effet expliqué qu'elle s'était rendue le 19 novembre 2013 à Berck dans le but de mettre fin aux jours de son enfant, elle l'a déposée vivante sur la plage alors que la marée montait". L'enfant serait née le 9 août 2012 en région parisienne, et sa mère relate les "difficultés qu'elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de sa fille". Elle devrait être transférée au palais de justice de Boulogne dans l'après-midi et par la suite mise en examen pour assassinat.  

Vendredi, cette femme suspectée d'être la mère de la fillette, a été interpellée à Saint-Mandé, en banlieue parisienne, et placée en garde à vue vers 180. Des analyses d'ADN ont ensuite été lancées pour permettre son identification. 

"Je ne l'ai jamais vue avec un enfant"

Selon les premiers éléments de l'enquête, la femme est âgée de 36 ans. Hébergée chez un homme à Saint-Mandé, elle a été interpellée à son arrivée à ce logement. Elle aurait expliqué être la mère d'une fille née en août 2012 mais assuré que sa propre mère avait emmené la fillette au Sénégal. 

"Il y a effectivement une voisine qui a 30-35 ans, elle porte des lunettes, vit en couple, mais je ne l'ai jamais vue avec un enfant", a témoigné un voisin, interrogé par l'AFP, ajoutant avoir vu les policiers dans l'après-midi. Ce résident décrit une "femme à l'air vraiment sympathique", "avenante, avec le sourire". "On se croisait dans le hall. C'était bonjour/au revoir", a-t-il expliqué. 

Selon des voisins, l'homme avec qui elle vit, blond aux cheveux courts, est un peu plus âgé qu'elle, et fait de la sculpture. 

Une marche blanche est prévue samedi à Berck-sur-Mer en hommage à la fillette, à l'initiative d'un collectif d'anonymes qui s'est formé sur les réseaux sociaux. La page Facebook "Hommage pour la petite fille de Berck" comptait vendredi soir à 21H00 3079 membres. Le cortège partira à 14H de l'église Notre-Dame-des-Sables pour se terminer sur la promenade de la plage, face à l'endroit où le corps a été retrouvé 

Avec 
 

La mère de la fillette noyée à Berck mise en examen pour assassinat et écrouée

Une plage de Berck-sur-mer, le 5 août 2013.

Publié le 30 novembre 2013  Une plage de Berck-sur-mer, le 5 août 2013. PHILIPPE HUGUEN / AFP

 

.ENQUÊTE - Elle «a reconnu les faits» ...

 

On commence à en savoir un peu plus ce samedi après-midi sur les circonstances du décès d'Adélaïde 15 mois retrouvée morte le 20 novembre sur une plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). La mère est passée aux aveux lors de sa garde à vue et a été mise en examen pour assassinat samedi à Boulogne-sur-Mer et placée en détention provisoire selon son avocate Me Fabienne Roy-Nansion.

La mère a livré sa version des faits, faisant la lumière sur une affaire jusque là très mystérieuse.  Elle «s'est rendue à Berck dans le but de mettre fin aux jours de son enfant. Elle l'a déposée vivante sur la plage alors que la marée montait. Elle ne s'était jamais rendue dans cette ville, dont seul le nom a retenu son attention», relate le parquet dans un communiqué, rapportant les premiers aveux de cette femme de 36 ans qui n'a pas d'autre enfant selon son avocate. Cette dernière avance une explication sur le choix de Berck : «Parce que Berck c'est triste, rien que la consonance, c'est triste».

Sans ressource, sans travail

«Elle réalise ce qu'elle a fait, a ajouté l'avocate. Elle exprime des remords et a amorcé des explications. Elle ne cherche pas à se trouver des excuses. Au contraire, elle dit n'être pas défendable. L'avocate a évoqué «une jeune femme au profil psychologique tout à fait étonnant, qui s'est expliquée complètement sur son acte, (...) qui dit avoir aimé profondément sa fille, qui analyse son geste, tente de l'analyser», et qui «dans un moment de détresse, d'isolement, de solitude absolue est passée à l'acte Elle décrit une femme qui «s'exprime très bien, particulièrement intelligente et extrêmement cultivée».

La mère a expliqué être sans ressource, sans travail, étudiante en philosophie et vivre avec un homme de 63 ans. Elle a avancé des «difficultés qu'elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple», dit encore le parquet.

Après avoir laissé sa fille sur la plage, la mère est rentrée à son domicile, qu'elle n'a plus quitté, hermétique au moindre appel à témoins, selon le parquet. Hébergée à Saint-Mandé, en banlieue parisienne par son compagnon, le père d'Adélaïde, elle a été interpellée à son arrivée à ce logement vendredi vers 18H00 et placée en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine). Les analyses ADN ont rapidement montré qu'elle était bien la mère de l'enfant.

5 août 2013. PHILIPPE HUGUEN / AFP

ENQUÊTE - Elle «a reconnu les faits» ...

On commence à en savoir un peu plus ce samedi après-midi sur les circonstances du décès d'Adélaïde 15 mois retrouvée morte le 20 novembre sur une plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). La mère est passée aux aveux lors de sa garde à vue et a été mise en examen pour assassinat samedi à Boulogne-sur-Mer et placée en détention provisoire selon son avocate Me Fabienne Roy-Nansion.

La mère a livré sa version des faits, faisant la lumière sur une affaire jusque là très mystérieuse.  Elle «s'est rendue à Berck dans le but de mettre fin aux jours de son enfant. Elle l'a déposée vivante sur la plage alors que la marée montait. Elle ne s'était jamais rendue dans cette ville, dont seul le nom a retenu son attention», relate le parquet dans un communiqué, rapportant les premiers aveux de cette femme de 36 ans qui n'a pas d'autre enfant selon son avocate. Cette dernière avance une explication sur le choix de Berck : «Parce que Berck c'est triste, rien que la consonance, c'est triste».

Sans ressource, sans travail

«Elle réalise ce qu'elle a fait, a ajouté l'avocate. Elle exprime des remords et a amorcé des explications. Elle ne cherche pas à se trouver des excuses. Au contraire, elle dit n'être pas défendable. L'avocate a évoqué «une jeune femme au profil psychologique tout à fait étonnant, qui s'est expliquée complètement sur son acte, (...) qui dit avoir aimé profondément sa fille, qui analyse son geste, tente de l'analyser», et qui «dans un moment de détresse, d'isolement, de solitude absolue est passée à l'acte Elle décrit une femme qui «s'exprime très bien, particulièrement intelligente et extrêmement cultivée».

La mère a expliqué être sans ressource, sans travail, étudiante en philosophie et vivre avec un homme de 63 ans. Elle a avancé des «difficultés qu'elle rencontrait dans la prise en charge quotidienne de la fillette, peu compatibles avec sa vie de couple», dit encore le parquet.

Après avoir laissé sa fille sur la plage, la mère est rentrée à son domicile, qu'elle n'a plus quitté, hermétique au moindre appel à témoins, selon le parquet. Hébergée à Saint-Mandé, en banlieue parisienne par son compagnon, le père d'Adélaïde, elle a été interpellée à son arrivée à ce logement vendredi vers 18H00 et placée en garde à vue à Nanterre (Hauts-de-Seine). Les analyses ADN ont rapidement montré qu'elle était bien la mère de l'enfant.

La femme est arrivée samedi vers 14H15 au palais de justice de Boulogne-sur-Mer, allongée sous un manteau à l'arrière d'un véhicule.

«On n'arrive pas à comprendre qu'il se passe ce genre de choses en France»

Au moment de l'arrivée de la mère à Boulogne, à 50 km au sud, à Berck, démarrait une marche blanche en hommage à la fillette qui a réuni 400 personnes selon la police. «On n'arrive pas à comprendre qu'il se passe ce genre de choses en France. Il y a de plus en plus de faits divers de cette nature-là et la société française déraille complètement. Cela touche des enfants, c'est très grave. On ne sait pas quoi dire», a confié une participante.

«Plus jamais ! Plus jamais ça, plus jamais une telle horreur. C'est un cri de maman», a-t-elle ajouté après avoir écrit «Plus jamais ça» avec son doigt dans le sable. «Tout ce qu'on demande, c'est qu'elle soit punie. C'est irréel, surtout quand on est maman», a lancé une mère de deux enfants. «En France, les gens ne sont pas assez punis. Il faut qu'il y ait une punition. Quand il n'y a pas de doute, on rétablit la peine de mort», a assuré un homme participant à la marche blanche.

Fillette noyée par sa mère à Berck : le père se constitue partie civile

Edité par 
le 12 décembre 2013 à 10h52 , mis à jour le 12 décembre 2013 à 11h36.
 
La police judiciaire recherche une jeune femme noire, après la découverte du corps d'une fillette d'un an sur une plage de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.

 

Le père d'Adélaïde, 15 mois, noyée par sa mère à Berck-sur-Mer, s'est constitué partie civile. Ce retraité de 63 ans n'avait jamais reconnu la fillette.

 

L'information a été donnée par Le Parisien et confirmée par le parquet jeudi matin. Le père d'Adélaïde, 15 mois, noyée par sa mère à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), s'est constitué partie civile. Ce retraité de 63 ans, Michel, qui n'avait jamais reconnu la fillette, a été entendu par le juge d'instruction et s'est constitué partie civile la semaine dernière, a déclaré à l'AFP Nathalie Bany, procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer. Adélaïde serait née chez lui à Saint-Mandé le 9 août 2012 mais n'a jamais été inscrite à l'état civil.
 
En l'absence de tout document légal, il aura fallu des tests ADN pour établir avec certitude que cet homme est bien le père de l'enfant dont le corps avait été retrouvé par des pêcheurs de crevettes sur la plage de Berck au matin du 20 novembre. La mère, Fabienne Kabou, âgée de 36 ans, a avoué avoir abandonné Adélaïde sur le sable alors que la marée montait et s'être rendue de Saint-Mandé à Berck dans ce but précis. Elle a été mise en examen et écrouée. Selon le parquet, Mme Kabou a avancé des problèmes d'incompatibilité entre la prise en charge de la fillette et sa vie de couple.
  
La fillette a été enterrée vendredi dans l'urgence, sous X, dans le carré des indigents du cimetière de l'Ouest à Boulogne-sur-Mer, sans plaque ni pierre tombale. Mais face à l'émotion suscitée par l'affaire, la maire de Boulogne-sur-Mer a annoncé lundi qu'elle allait offrir une sépulture "digne" à la fillette. Selon la mairie, la tombe devrait rester dans le carré des indigents, mais avec un caveau au prénom de la fillette, régulièrement fleuri par la municipalité.