Fugues des ados : un signal d’alarme !

 

L’adolescence est un passage difficile pour tout individu. Le corps se transforme et met chacun dans une situation inconfortable. Les camarades de classe sont souvent sans finesse voire méchants. 

Si la situation à la maison ne permet pas un apaisement, l’adolescent cherche une issue de secours. La fugue en fait partie…

 

Fugues des ados : un signal d’alarme !

 

Mal dans sa peau, les disputes et des problèmes sous jacents avec les parents sont typique de la crise d’adolescence et peuvent conduire certains jeunes à choisir l’échappatoire de la fugue. Voici quelques conseils pour savoir comment réagir avec un ado fugueur.

 

Fugue, appel à l’aide

 

L’adolescence est une période très délicate de la vie d’un individu. L’ado n’est pas encore adulte, et pourtant aspire déjà à se conduire comme tel. Il n’assume pas son corps et tout son environnement joue sur son appréciation du monde. 

Lorsque les soucis s’accumulent au collège ou au lycée, mais aussi à la maison avec les parents et les frères et sœurs, l’adolescent peut ressentir un fort sentiment d’enfermement. 


Il cherche alors une solution et il choisit, bien souvent sur un coup de tête, de fuguer. 

Il peut décider d’aller voir des amis ou d’aller errer dans les rues. Il a alors l’impression d’être libéré et se sent beaucoup mieux. 
Mais cela n’est évidemment qu’illusoire, fuir ses problèmes ne l’aide en aucun cas à les résoudre. 

La sensation qu’il éprouve est dangereuse parce que le piège est qu’il lui sera encore plus difficile d’assumer ses soucis et ses craintes au retour à la maison. 

Si rien n’est fait pour trouver la source de ses angoisses, l’adolescent risque de prendre l’habitude de fuguer pour se sentir mieux. 

En outre, il faut bien comprendre qu’une fugue, puisque le jeune cherche à fuir ses problèmes, est un appel au secours. Il ne sait absolument pas comment s’en sortir. 

Les parents doivent entendre ce signal d’alarme : en effet, un ado sur deux qui fait une tentative de suicide, est un ancien fugueur.

Dans les deux cas, fugue ou suicide, la vie de l’adolescent lui semble insupportable et souhaite vivre différemment.

 

Le rôle de la famille

 

Lorsqu’un enfant a fugué, la première réaction de ses parents est d’entrer dans une colère noire parce qu’ils ont eu peur. Mais au contraire, les cris et les reproches ne feront qu’envenimer la situation et l’adolescent continuera de se sentir mal. 

Cela ne veut pas dire que les parents doivent faire comme si rien ne s’était passé. Il s’agit d’être compréhensif avec l’adolescent, d’essayer de l’apaiser et surtout, point absolument capital, de discuter avec lui. 


Le dialogue est le moyen incontournable de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’adolescent. Il doit expliciter ce qui l’ennuie et le bouleverse afin que toute la famille puisse l’aider, quitte à changer quelques habitudes. 

 

Lorsque le problème est pointé du doigt, les choses rentrent tranquillement dans l’ordre, mais ce n’est pas pour autant que tout sera calme à la maison : l’adolescent reste adolescent et sera toujours un peu turbulent !

 

Si, malgré les tentatives de dialogue, l’adolescent récidive ses fugues, son trouble peut être beaucoup plus profond. 

Un encadrement psychologique est alors nécessaire. Les consultations chez un psychiatre, un psychologue ou un psychanalyste lui permettront de discuter avec quelqu’un d’extérieur à son environnement et tenu au secret professionnel. Il sera alors beaucoup plus facile pour lui de dire ce qui ne va pas.

Lorsque les fugues sont accompagnées de comportements délirants, elles peuvent être les prémices d’une schizophrénie ou d’une autre pathologie psychiatrique. 


L’adolescent doit alors impérativement être présenté à un spécialiste qui déterminera l’existence ou non d’une pathologie. Si elle est bien réelle, l’hospitalisation est parfois nécessaire.

 

La fugue n’est pas un acte anodin pour un adolescent. Elle est la manifestation d’un réel mal être. Les parents doivent s’en rendre compte et surtout ne pas brimer leur enfant. 

Le dialogue est essentiel afin qu’il se sente mieux. L’aide psychologique permet aux adolescents de s’extérioriser plus facilement et d’éviter de vivre d’autres troubles dont peuvent être sujets les plus jeunes.

 

Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)