Paris : un réseau de prostitution de mineures démantelé.

 

 

 

 

Illustration. Quatre jeunes hommes, dont un mineur de 15 ans, ont été interpellés, à la mi-octobre, dans le cadre du démantèlement d’un réseau de proxénètes présumés, à Paris. LP/Olivier Boitet.

 

Une affaire aux contours particulièrement sordides a été élucidée par les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris. Trois hommes habitant Draveil (Essonne) et Noisiel âgés de 18 ans à 20 ans, ainsi qu'un mineur âgé de 15 ans vivant à Grigny (Essonne), ont été interpellés la semaine dernière dans le cadre du démantèlement d'un réseau de proxénétisme présumé. Ils auraient employé douze prostituées, dont sept mineures. Mis en examen, les quatre suspects viennent d'être incarcérés.

Les investigations menées par les policiers de la BPM avaient débuté au printemps et abouti à une première vague d'interpellations et d'incarcération durant l'été. Mais des proches avaient repris la tête de cette filière particulièrement lucrative. « Le principal commanditaire de ce réseau avait été interpellé au mois de juillet alors qu'il avait des velléités d'étendre ses activités en Belgique, poursuit la même source. Cinq de ses complices présumés avaient aussi été arrêtés. Tous avaient été placés en détention provisoire. Mais il s'est avéré que d'autres comparses ont repris son réseau. »

Tout débute à Evry. Trois jeunes filles de 17 ans confient à la police avoir été contraintes de faire commerce de leurs corps, au cours des derniers mois de l'année 2015. Elles se prostituaient dans des hôtels et des appartements, à Paris, et dans toute l'Ile-de-France, pour le compte d'un proxénète, prénommé Stéphane.

Une dizaine de passes par jour

Rapidement identifié, ce dernier, âgé de 19 ans et domicilié à Suresnes (Hauts-de-Seine), est alors placé sous surveillance. Les enquêteurs de la BPM ont pu établir l'organigramme de ce réseau, très structuré. « Les jeunes filles tombées dans les mailles de ce réseau étaient déposées et surveillées par les proxénètes sur leurs lieux de passe, confie une source proche de l'affaire. Des petites annonces étaient publiées sur divers sites Internet afin de leur trouver des clients. Les prostituées étaient ensuite obligées de remettre l'intégralité de leurs gains à leurs souteneurs. » Ces dernières se voyaient ensuite « rétribuées » au bon vouloir de leurs proxénètes, qui géraient pour leur part les locations de chambres ou d'appartements. L'affaire tournait bien : les enquêteurs estiment que chacune des filles effectuait une dizaine de passes par jour, pour un prix compris entre 40 € et 100 €.

 

  Le Parisien /  Stéphane SELLAMI - Florian LOISY