SUISSE : Les enlèvements d'enfants organisés par l'un des parents augmentent

logo  Chaque année dans le monde, le nombre d'enlèvements parentaux internationaux d'enfants augmente. Dans ces situations inextricables, la médiation est de plus en plus présentée comme une solution d'avenir. C'est ce dont traite un livre réalisé conjointement par l'Université de Neuchâtel et l'Université catholique du Louvain, en Belgique.

 

Les enfants victimes d'un enlèvement parental sont toujours plus nombreux. Crédit: DAVID MARCHON
 

Pourquoi, chaque année dans le monde, le nombre d’enlèvements parentaux internationaux d’enfants augmente-t-il? Comment comprendre ce qui se passe ? Que faire lorsque les cultures familiales et juridiques sont si différentes qu’aucune solution commune ne se présente et qu’aucune autorité n’est susceptible de s’imposer aux parties?

Dans ces situations inextricables, la médiation est de plus en plus présentée comme une solution d’avenir. C’est ce dont traite le livre "Enlèvement parental international – Saisir le juge ou s’engager dans la médiation?" Il est le fruit d’une recherche menée conjointement par l’Université de Neuchâtel et l’Université catholique du Louvain (Belgique). Cette publication a pour ambition d’interroger l’expansion de la médiation et de réfléchir aux orientations que prennent ses pratiques.

Comme s'il y avait un mort

Il y a cette image forte qui clôt l’ouvrage: un enfant, en pyjama, brutalement tiré de son sommeil par l’un de ses parents pour un embarquement vers l’étranger à bord d’un avion, d’un train ou d’une voiture. Et soudain, l’incompréhension, l’impuissance, la souffrance surtout de celui ou celle qui, resté sur place, se trouve privé de son enfant. C’est comme s’«il y avait un mort», témoignent Victor et Marie, deux parents qui ont accepté de parler de leur combat dans le cadre de cette recherche. Comme si tout s’arrêtait.

25 nouveaux cas d'enlèvement en Suisse chaque année 

Chaque année en Suisse, vingt-cinq nouveaux cas d’enlèvements parentaux internationaux d’enfants sont officiellement enregistrés par l’Office fédéral de la Justice. Conséquence de l’augmentation des mariages mixtes et des séparations, ce type de «rapt» suscite bien des questions sur le plan légal.

Que faire pour récupérer son enfant? Saisir la justice revient à buter contre des cultures juridiques et familiales si différentes qu’aucune solution n’est envisageable, relève Christine Guy-Ecabert, professeure de droit à l’Université de Neuchâtel et coordinatrice de la recherche dont est issue la publication. Reste la voie de la médiation familiale.

Par VGI