Un religieux de Saint-Jean aux assises pour viol et agressions sexuelles

Résultat de recherche d'images pour "logo du journal l'indépendant"Un religieux de la communauté de Saint-Jean, déjà éclaboussée dans le passé par des scandales, comparaît à partir de jeudi devant les assises de Saône-et-Loire pour des agressions sexuelles commises sur des jeunes filles mineures et un viol sur une majeure.

 

PHOTO/Archives L'Indépendant

 

Les faits reprochés à l'accusé, Jean-Dominique Lefèvre, 66 ans, se sont déroulés entre 1990 et 2007, en France et en Roumanie. Avocate d'une des victimes, Me Nadine Thurel a précisé que les attouchements sexuels sur sa cliente étaient contestés par l'accusé, qui évoque un "geste d'affection". Les autres conseils n'ont pas souhaité s'exprimer ou n'ont pu être joints avant l'audience, qui pourrait se tenir à huis clos.

 

Le verdict doit être rendu le 29 mai. L'accusé est par ailleurs convoqué le 2 juin devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour l'agression sexuelle d'une mineure en 1991. "Nous ressentons une profonde honte et tristesse qu'un membre de notre communauté ait pu commettre des abus sexuels et nous condamnons un comportement si odieux", écrit dans un communiqué la congrégation Saint-Jean, qui "demande pardon aux victimes et à leurs familles"."Nous regrettons profondément l'insuffisance des réactions et des décisions de la communauté à l'époque des faits". Et d'ajouter: "Depuis plusieurs années, nous avons travaillé sur la prévention de la pédophilie, sujet sur lequel nous n'étions pas assez sensibilisés ni formés."

  • 'Les petits gris'

Créée en 1975 par le père Marie-Dominique Philippe, la communauté de Saint-Jean, dont les membres sont surnommés "les petits gris" en raison de la couleur de leur habit, s'est installée dès 1982 dans le prieuré de Rimont à Fley (Saône-et-Loire). Elle rencontrait rapidement un succès très important auprès des jeunes religieux. Mais elle allait aussi être l'objet de critiques : le père Philippe se voit reprocher de recruter sans discernement, de créer un lien trop affectif envers sa personne et d'être trop traditionaliste.

En 2000, le cardinal Lustiger retirait à la communauté la direction de l'aumônerie du collège Stanislas, à Paris, alors que l'évêque d'Autun de l'époque, Mgr Raymond Séguy, peinait à asseoir son autorité sur la congrégation. Il adressait une "monition" - avertissement - à la communauté dans laquelle il mettait "très sérieusement en garde", notamment, "contre toute forme de pression ou de contrainte psychologique, affective ou spirituelle".

La communauté, plusieurs fois mise en cause pour ses dérives sectaires, avait été placée sous surveillance en 2003 par le pape Jean Paul II.

En 2012, un religieux mexicain de Saint-Jean avait été condamné à deux reprises: à Angoulême, il avait écopé de 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur un garçon de 12 ans; puis en Saône-et-Loire à 25 mois de prison - ferme cette fois - pour l'agression d'un lycéen de 17 ans.

En mai 2013, dans un entretien au journal La Croix en forme de mea culpa, le prieur général frère Thomas Joachim avait reconnu que le fondateur de la congrégation lui-même, le charismatique père Philippe, avait eu "des gestes contraires à la chasteté" envers des femmes qu'il accompagnait spirituellement.

La communauté de Saint-Jean compte actuellement environ 500 frères, répartis dans une soixantaine de couvents à travers le monde.