Justice. Une nourrice poursuivie pour maltraitance

Ouest-France, toute l’actualité locale et internationale  Une nourrice est jugée à partir de lundi devant la cour d'assises du Val-de-Marne, soupçonnée d'avoir violemment secoué un bébé qui est devenu aveugle et hémiplégique.

 

Une nourrice poursuivie pour maltraitance sur un bébé

 

Âgée de 45 ans, cette femme mariée, mère de trois enfants, ne possédait pas d'agrément mais s'occupait de l'enfant depuis le mois de mars. Le nourrisson de sept mois était en parfaite santé lorsque ses parents l'avaient confié à leur nourrice le 4 septembre 2008. Mais quand sa mère était revenue le chercher en soirée, ses yeux apparaissaient gonflés et il semblait paralysé. Hospitalisé le lendemain, il tombait dans le coma 48 heures plus tard. 

Aveugle et atteint d'hémiplégie

Désormais âgé de sept ans, il est totalement aveugle et atteint d'une hémiplégie droite et d'une paralysie du bras droit. Il présente également un retard moteur cérébral sévère. Aux enquêteurs, l'accusée avait d'abord affirmé que le bébé avait chuté du canapé pendant qu'elle se trouvait dans la cuisine. Puis elle finissait par reconnaître avoir secoué le bébé à deux reprises. Elle expliquait avoir agi ainsi car elle était « un peu énervée par les pleurs » du bébé puis une seconde fois afin de le réveiller avant l'arrivée de ses parents. Décrite comme quelqu'un de facilement irascible et sévère avec les enfants, elle reconnaissait qu'elle avait pu « passer ses nerfs » sur le nourrisson. Placée sous contrôle judiciaire, elle comparaît libre. Le verdict est attendu mercredi. 

Près de 200 enfants victimes du syndrome du bébé secoué chaque année en France

Selon l'assurance maladie, chaque année, 180 à 200 enfants seraient victimes, en France, du syndrome du bébé secoué, mais ce chiffre est certainement sous-évalué. Ce syndrome désigne un traumatisme crânien non accidentel, qui entraîne des lésions du cerveau. Il survient lorsque l'on secoue violemment un bébé ou un jeune enfant. Le plus souvent, ce drame arrive sous le coup de l'énervement, lorsque la personne qui s'occupe de l'enfant est exaspérée par ses pleurs. Les conséquences de ces traumatismes peuvent être très graves pour l'enfant et inclure des séquelles neurologiques permanentes, ou même la mort.