Child Focus a traité 1558 dossiers de disparition en 2014

La Fondation pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités, Child Focus, a traité l'an dernier 1558 dossiers de disparition, dont 208 cas jugés comme "très inquiétants", ressort-il lundi du rapport d'activités 2014 de la Fondation.

 

Child Focus a traité 1558 dossiers de disparition en 2014

 

Les cas de disparition sont répartis en 5 catégories: les fugues (1020 en 2014, contre 989 en 2013), les enlèvements parentaux internationaux (406, contre 383), les disparitions de mineurs étrangers non accompagnés (43, contre 64), les disparitions "non définies" (54, contre 82), et les enlèvements par des tiers (35, contre 33).

Child Focus s'inquiète de la hausse du nombre d'enfants qui fuguent plusieurs fois (121 cas en 2014, contre 115 en 2013) et de la durée de plus en plus longue des fugues: le nombre de jeunes fugueurs retrouvés dans les 48 heures a fortement diminué l'an dernier (36%, contre 40% un an plus tôt), tandis que les fugues d'une semaine ont elles augmenté (27%, contre 40%).

Comprendre la fugue

La fugue a toujours fait peur aux parents. Dans le cadre de l’adolescence, elle doit être comprise comme un comportement – un passage à l’acte et donc - une façon d’exprimer quelque chose. D’où l’importance d’être entendu à son retour dans le noyau familial – et cela d’autant plus s’il y a eu répétition.

Jacques Ravedovitz, est psychothérapeute et formateur à Ressource enfants de l’association Dolto : " S’il y a répétition, cela veut dire que le jeune a l’impression qu’il n’a pas été entendu. La répétition est à prendre en tant que tel. Pas uniquement la fugue. Il y a quelque chose là à comprendre de particulier. Il faut pouvoir accueillir cette fugue comme un message. Je pense qu’il est stérile et inutile de l’engueuler. Les parents sont angoissés, bien évidemment… Le jeune s’est mis en difficulté parfois par le biais de cette fugue. Mais, il faut pouvoir accueillir avec des mots et des paroles. Essayer de comprendre, ce qui n’est pas toujours évident, ce que le jeune a voulu dire par cette fugue ".

Ce psychothérapeute rappelle certains signes qui doivent alerter les parents : " Tout comportement un peu inhabituel, mais surtout, tout ce qui touche à l’isolement. Quand l’adolescent est très fort replié sur lui-même, quand il ne parle plus, quand il est réfugié sur ces écrans, quand il y a des problèmes scolaires." Tous ces signes, cette accumulation de comportements qui inquiètent les parents doivent être pris au sérieux.

L’adolescence est un moment de passage à l’acte et de comportements qui viennent à la place de mots.

Abus sexuels

L'année 2014 a par ailleurs marqué un tournant dans les priorités de Child Focus en matière d'abus sexuels. La Fondation réoriente ainsi désormais la plupart des cas dont elle est avertie vers d'autres organisations plus à même d'apporter un soutien spécialisé aux victimes et à leurs proches.

Child Focus se concentre donc aujourd'hui sur certaines formes d'abus sexuels, comme la prostitution enfantine (10 dossiers traités en 2014), le tourisme sexuel (4 dossiers) ainsi que la réalisation et la diffusion d'images d'abus sexuels de mineurs (pornographie enfantine) pour lesquelles elle a reçu 1.432 signalements via le point de contact civil stopchildporno.be. Dix-sept autres dossiers de pédopornographie ont été ouverts à la suite d'appels via le numéro d'urgence 116 000.

Enfin, la Fondation souligne avoir ouvert l'année passée 161 dossiers (+42%) relatifs à la sécurité en ligne, dont 97 pour atteinte (présumée ou réelle) à l'intégrité sexuelle des enfants via les technologies de l'information et de la communication (TIC).

M. Allo avec Belga