20 ans de prison pour le meurtre d'Audrey Verdol

              

La cour d'assises de la Seine-Saint-Denis a condamné Olivier Ferdinand à 20 ans de réclusion pour le meurtre de sa compagne, Audrey Verdol, une jeune Lamentinoise.

Après six heures de délibéré, les jurés de la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis ont condamné Olivier Ferdinand à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Audrey Verdol. Bien que l'accusé ait nié en être l'auteur tout au long de l'instruction et du procès, les jurés lui ont trouvé des circonstances aggravantes. Ils ont ainsi suivi les réquisitions de l'avocat général, Jean-Cédric Gaux, qui avait requis dans la matinée 20 ans de prison. Dans son réquisitoire, le parquetier a considéré qu'il ne s'agissait pas d'un meurtre, mais d'un assassinat. Le tissu noué en plusieurs endroit, retrouvé autour du cou de la victime, laissait entendre une préméditation selon le magistrat. Et s'il reconnaît le manque d'éléments matériels probants, il a aligné les mobiles : « Il voulait la tuer pour récupérer sa voiture, son appartement... » Ce n'est donc pas la thèse qu'il a servie : celle de l'engueulade qui a mal tourné pour cause d'impulsivité.
En défense, Me Lebriquir a eu beau plaider l'absence de preuves matérielles, en appeler aux précédentes erreurs judiciaires (Patrick Dills, Marc Machin) pour tenter d'arracher l'acquittement, les jurés ne l'ont pas entendu. Olivier Ferdinand a indiqué qu'il ne comprenait pas la décision et qu'il allait faire appel de sa condamnation.
F.-X.G., à Bobigny

 

 Son corps avait été retrouvé dans une forêt

 

La jeune Lamentinoise avait disparu le 11 avril 2009 en Métropole. Son corps avait été retrouvé sept mois plus tard (le 25 novembre) dans la forêt de Montgé-en-Goële, à une trentaine de kilomètres de chez elle, en région parisienne.
Audrey Verdol avait quitté la maison familiale quatre ans plus tôt pour poursuivre ses études en Métropole. Son bac S en poche, elle s'était inscrite à l'université de Vélizy-Villacoublay. Après deux ans d'études, elle avait trouvé un travail comme technicienne chez Spie Télécommunication. D'après sa maman, Anne Verdol, Audrey pensait reprendre ses études pour devenir ingénieur.
 

 LE CRÂNE RECOUVERT D'UN SAC PLASTIQUE

 

Après la disparition de sa fille, le 11 avril 2009, Anne Verdol, avait gardé espoir. Jusqu'au 28 novembre 2009, le jour où les gendarmes ont frappé à la porte de sa maison de Lamentin. Pour lui dire qu'Audrey était morte. Les analyses ADN étaient formelles.
Le corps retrouvé par un promeneur dans la forêt de Montgé-en-Goële (Seine-et-Marne) trois jours plus tôt était bien celui de sa fille aînée. Le crâne, en état de décomposition, était recouvert d'un sac plastique. Au niveau de son cou pendait un tissu avec deux noeuds.
L'absence de la jeune femme avait été signalée une dizaine de jours après sa disparition. D'abord par sa cousine, inquiète de ne plus avoir de nouvelles. Puis par sa mère, qui s'était rendue en Métropole fin avril pour chercher sa fille. Son silence était anormal.
Audrey appelait sa maman toutes les semaines. Et elle n'aurait jamais oublié son anniversaire, le 17 avril.
Convoqué par les policiers, son compagnon, Olivier Ferdinand, installé chez Audrey Verdol depuis un récent séjour en prison pour une affaire de vol, avait dit, lui aussi, être sans nouvelles de la jeune Guadeloupéenne.
V.D.
 
Jugé pour le meurtre de sa compagne, il se défend d’être «un monstre» et se dit innocent

Six ans après le meurtre d’Audrey Verdol, découverte à l’état de quasi-squelette dans une forêt de Seine-et-Marne, son ex-petit ami a nié jeudi devant la cour d’assises de Bobigny être l’auteur du crime, assurant ne pas être «un monstre».

«Je ne sais pas ce que je fais ici», a dit Olivier Ferdinand, 30 ans, au premier jour de son procès. «Ce n’est pas moi le coupable. La bonne personne, elle n’est pas là», a poursuivi d’une voix calme le jeune homme.

Crâne rasé et regard fixe, ce manutentionnaire originaire de la cité des Mille-Mille à Aulnay-sous-Bois, a dit être victime d’une erreur judiciaire: «je n’ai pas de bonnes fréquentations, mais je ne suis pas le monstre qu’on présente».

              

Audrey Verdol, une Guadeloupéenne de 21 ans, avait disparu le 11 avril 2009 après avoir quitté son appartement du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. D’après ses proches, elle projetait de se rendre à un concert à Toulouse pour le week-end.

Son corps avait été découvert par un promeneur sept mois plus tard, dans une forêt de Montgé-en-Goële (Seine-et-Marne): le Bois de l’Homme-Mort. Sa tête, en état de décomposition, était recouverte d’un sac plastique. Au niveau de son cou pendait un tissu avec deux noeuds.

«Aujourd’hui encore, j’ai du mal à réaliser qu’on l’a assassinée», a déclaré Olivier Ferdinand, avant de rendre hommage à la jeune femme, avec qui il entretenait une relation épisodique et conflictuelle depuis septembre 2007.

«Je n’étais pas très fidèle» mais «je l’aimais», a raconté, imperturbable, M. Ferdinand. «Dans ma compagne, j’essaie de voir ma mère. Pas physiquement, mais pour le caractère. Audrey, c’était quelqu’un de bien. Elle s’est beaucoup occupée de moi.»

Déjà condamné à 19 reprises, notamment pour des faits de violences, Olivier Ferdinand, a été renvoyé dans cette affaire en 2013, après de multiples auditions. Principal élément à charge: le bornage de son téléphone, repéré avec celui d’Audrey le jour de sa disparition près de Montgé-en-Goële. Mais aussi les contradictions dans ses déclarations.

L’accusé «a changé de version plusieurs fois au cours de l’enquête», insiste l’avocate des parties civile, Me Malika Larbi. «Tous les éléments convergent vers lui».

Dans un premier temps, le jeune homme avait dit avoir vu Audrey pour la dernière fois le 10 avril, à Aulnay-sous-Bois. Confronté aux relevés téléphoniques, il a finalement reconnu avoir passé une partie du 11 avril avec elle, assurant l’avoir déposée à Claye-Souilly, où elle devait récupérer un téléviseur auprès d’une connaissance.

Décrit comme «oisif» et «sournois» par sa propre mère, et comme instable et violent par plusieurs membres de son entourage, Olivier Ferdinand avait en outre utilisé la voiture et le logement d’Audrey pendant plusieurs jours après sa disparition, sans se soucier de son absence.

«Je m’inquiétais moi aussi, j’ai essayé de me renseigner», s’est défendu jeudi le jeune homme, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Officiellement, ce n’est que 12 jours plus tard que la disparition d’Audrey a été signalée aux policiers, par sa cousine, inquiète de ne plus avoir de nouvelles.