Pédophilie : 1.400 victimes dans une seule et même ville anglaise

Panorama de la ville de Rotherdam (Royaume-Uni), filmée par l'agence Associated Press.

Ce sont des crimes commis pendant seize ans, en toute impunité, dont la révélation pourrait coûter leurs postes à plusieurs responsables du comté du Yorkshire du Sud, au Royaume-Uni. Environ 1.400 mineurs, dont les plus jeunes âgées de 11 ans, ont été victimes d'abus sexuels entre 1997 et 2013 à Rotherham, dans le nord de l'Angleterre, alors que les services municipaux avaient été alertés, selon un rapport publié mardi

 

«Personne ne connait l'ampleur de l'exploitation sexuelle qu'ont subi des enfants à Rothertham à travers les années», a déclaré la Professeur Alexis Jay, auteur du rapport. Parmi les atrocités commises, «des enfants ont été aspergés d'essence puis menacés d'être enflammés, ont été menacés avec des , ou encore ont été forcés d'être témoins de viols très violents», a-t-elle écrit.

 

Certains de ces enfants ont également «été victimes de viols collectifs, d'échanges avec d'autres villes du nord de l'Angleterre, enlevés, battus et intimidés», a-t-elle ajouté. Elle a aussi rapporté que des jeunes filles de onze ans avaient été violées à de nombreuses reprises.

Des victimes considérées «avec mépris»

Le rapport met également en avant que des élus du conseil municipal ont sous-estimé la gravité du problème, et souligne que la police a «considéré un grand nombre de ces victimes avec mépris»

La réalité a été ignorée en dépit de trois rapports effectués entre 2002 et 2006 qui «n'auraient pas pu être plus clairs dans la description de la situation à Rotherham», a-t-elle ajouté. Selon elle, les résultats de la première étude ont été étouffés car les  «ne croyaient pas les chiffres». Dans plus d'un tiers des cas, les enfants étaient connus des services sociaux.

Immédiatement après la publication du rapport, le chef du conseil de Rotherdam, Roger Stone, présentait sa démission. La presse britannique rapportait mercredi que de nombreuses voix s'élevaient demandant au chef de la police du comté du Yorkshire du Nord de faire de même. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir considéré avec sérieux les deux précédents rapports publiés, alors qu'il était membre du conseil de Rotherdam en charge des affaires liées aux enfants et à la jeunesse.

 

La municipalité présente ses «excuses»

La ville de Rotherdam pensait qu'il s'agissait d'un problème ponctuel et de nombreux agents ont «fait part de leur nervosité à identifier les origines ethniques asiatiques des auteurs présumés, de peur de passer pour raciste», selon le rapport.

Suite aux présentations des conclusions du rapport, la municipalité de Rotherham a présenté dans un communiqué ses «excuses à ceux qui ont été abandonnés alors qu'ils avaient besoin d'aide»

La première affaire a éclaté en 2010, lorsque cinq hommes décrits par les  comme «des prédateurs sexuels» ont été condamnés à de longue peines de prison pour abus sexuels.

 

 

LeParisien.fr